[ Kyo - C'est ma faute .
Je l'écoute en boucle.. ]
Les larmes remontent beaucoup trop souvent à mon goût.
Je les retiens, je les empêche. J'y arrive de mieux en mieux en ce moment. A faire semblant de tout, de rien. A serrer une main qui n'existe pas dans la mienne. A y croire à moitié, à tout cela. Pas complètement, pas entièrement, mais à moitié quand même. Parce qu'il y a bien l'espoir qui est encore là. Oui, un bel espoir encore tout beau, tout neuf. L'espoir sert souvent, et est important. Mais n'est-il pas inutile dans des relations comme la mienne où tout est presque tracé d'avance? Où l'on n'a plus raison d'espérer.
Je me fait mal moi-même en prononçant tous ces mots. Parce que l'espoir, c'est à peu près tout ce qu'il me reste. C'est à peu près la seule chose sur laquelle est basée mon amour. Et si l'on me l'enlève, cette espèrance si profonde, je suis sûre de défaillir. De vaciller quelques temps, avant de m'étaler de long en large, littéralement. Comprenez-moi ; ne m'ôtez pas la seule force qui me fait survivre. Ne contrez pas mes mots qui vous paraissent incensés, quand ils sont mon issue de secours. Ma survie, même.Et si vous ne me comprenez pas, imaginez vous un instant comment moi je pourrais, rien qu'une seconde, vous comprendre.
C'est vrai, j'ai peut-être tort. Sans doute même que je m'en suis déjà rendue compte. Avec tout ce que vous me dites. Tous ces mots.. tous ces mots qui font si mal. Mais que j'encaisse, parce qu'à force je n'ai plus d'excuses qui vous font taire. Tous, autant que vous êtes. A me dire d'arrêter. D'arrêter tout. Que ma naïveté envers lui ne fera pas que m'exiler de la réalité, mais me tuera aussi. Que s'en est assez, qu'il a assez joué. Qu'il faut l'oublier, à présent. L'oublier. L'oublier.. Comment? Comment je pourrais? Comment après tout ça? Après ce long vide que j'ai comblé du mieux que j'ai pu. Après ces larmes ravalées avec tant de mal. Après ce dégoût de tout, sauf de lui. Après cet Amour que je n'ai jamais réussi à apprivoiser. Cet Amour tellement, mais tellement fort!
Vous ne savez pas ce que je ressens. Vous n'en connaissez rien de mes sentiments! De lui, de sa vie. De ce que l'on peut ressentir dans des histoires semblables à la mienne. Comment osez vous me dire tout cela, en face à face, qui puis est. Me jeter en pleine gueule des réalités à peine plus réelles que cette histoire que vous jugez incensée.
Est-ce vraiment impossible qu'il ait changé?
Penserez-vous donc toujours que ses mots sont faux?
N'aurais-je vraiment jamais droit à une infime dose de réalité avec lui?
Et de silence, avec vous.
